New Age et Religions du livre, opposés similaires
L’époque moderne, contenu dans l’espace temps depuis les années 60 draine avec elle non pas une nouvelle conception de la spiritualité, mais deux mouvances très claires.
Nous avons d’un coté, contrairement à toutes les prévisions qui avaient pu être faites, un regain des croyances dures, extrêmes voire intégristes des religions du livre. Nous pouvons constater sur les 30 dernières années une évolution (sic) très nette d’au moins deux de ces religions.
Nous ne pouvons pas considérer cela comme un retour aux sources traditionnelles dans la mesure où aucune de ces pratiques ne semblent avoir de lien avec leurs pratiques originelles. Il s’agit plutôt d’un regain de contrainte, un besoin de cadre strict et intransigeant. A la lumière de l’histoire il s’agit d’un regain de l’approche la plus dogmatique apparue à travers le temps et l’évolution quasi sectaire de leurs pratiques.
Cette réaction est cependant d’une cohérence absolue face à la peur inconsciente et légitime éprouvée par la psyché humaine devant la déferlante des cultures individualistes, qui depuis les années 60 ont développé un individualisme forcené (mondialisation), proche d’un intégrisme individuel. Le « Je » tout puissant.
C’est une loi de la nature que de développer face à l’extrême des énergies opposées et contradictoires. C’est une sorte d’auto régularisation de la masse.
Les grands mouvements hippies des années 60 ne purent voir le jour qu’en réaction aux extrêmes puritains et sectaires de leurs prédécesseurs. La guerre du Viet Nam, la course consumériste, les manipulations mentales et morales ont donné jour à cette rébellion par la douceur. Il s’agissait de se libérer du carcan emprisonnant les âmes.
De fait, à l’extrême, l’évolution (sic) vers le New Age représente l’autre versant de notre paysage contemporain. Ce new âge quel est-il ?
Il est pour une fois parfaitement bien amené sur les pages de Wikipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/New_Age dans sa description parfaite d’une approche individuelle, où chacun fait « sa pratique ». Cet extrême peut laisser dubitatif, dans l’utilisation anachronique du mot tradition. Là où le mot tradition englobe une filiation dans le temps et la communauté, le New Age signifie tout simplement pratique personnelle.
Il suffit de parcourir les blogs et autres sites du genre pour s’apercevoir de ce foisonnement
hétéroclite (éclectique) de pratiques personnelles. Le néo paganisme est parfaitement inscrit dans cette mouvance new âge avec la simple particularité d’inclure dans ses références les signes européens des anciennes croyances, tout en gardant ceux hérités des premiers pionniers de ces mouvements (Indouisme, Bouddhisme, Taôisme etc.).
Jamais nous ne fûmes tant éloignés des pratiques traditionnelles pre-chrétiennes, en ce sens qu’il est nécessaire pour retrouver l’essence même de ces vieilles croyances, qu’elles soient incluse au sein d’une communauté, dans un cadre structuré, qui s’il est très différent des églises du livre est cependant parfaitement défini.
Il n’est pas de Chamane qui ne soit dans une communauté, ni de Prêtre(sse) qui ne soit le représentant sacerdotal de sa culture. Le Sorcier(e) se trouve à l’étape intermédiaire entre les sociétés primitives et le rejet de leurs représentants de nos sociétés clivées.
L’époque ne semble plus tenir compte du besoin psychique humain, de se sentir un et unique au sein d’un ensemble. En quelque sorte nous aurions oublié que l’homme ressemble au loup éprouvant un besoin vital de se sentir appartenir à une meute, d’y avoir « sa » place. N’avons-nous pas refoulé, rejeté, occulté volontairement cette réalité ?
Le sens communautaire, la réalité tribale perdus nous laisse vaquer tels des électrons fous et non pas libres.
Les pratiques les plus anciennes avaient parfaitement compris cela. La psyché égarée, voire angoissée se projette à l’extrême et recherche les cadres les plus durs, les plus aptes à contrebalancer le flou générateur d’anxiété. Ou bien, trop brimée, engoncée, elle dérive et se laisse glisser vers un souffle ballotté. L’histoire religieuse en est la preuve constante.
Le mot pour l’un désigne le dogme auquel chacun adhère sans en comprendre le sens, quand pour l’autre il prend un sens personnel rendant impossible toute communication, tout échange, le sens étant perdu pour l’ensemble. Deux pôles extrêmes qui aboutissent tous deux à une même réalité, la négation de l’être.
Tel le vol de l’aigle, planant haut dans les cieux, nous pourrions regarder la masse humaine se débattre dans ses égarements et conclure. Nous sommes loin des renaissances et des nouvelles ères. Nous sommes encore et toujours entrainés par des contrebalanciers contradictoires, cherchant désespérément ce troisième état, un peu l’un un peu l’autre, dansant sur le fil de la vie, ce troisième état, qui s’il n’est ni bien ni mal, permettrait à chacun de se sentir vivant auprès des siens, de la tribu.
(photo extraite du site http://fr.wikipedia.org/wiki/New_Age )