Les femmes celtes, les filles de l'Inde

Publié le par Duir

Les traditions celtiques et védiques ont des points communs, elles auraient une origine commune, qui permettrait en remontant aux traits les plus archaïques des Védas de comprendre mieux les croyances Celtiques. C’est leur mise en parallèle qui permis à l’historien comparatiste Dumézil de comprendre les schémas de croyances de nos ancêtres les Gaulois.

L’Inde première peut donc nous éclairer, sur le statut de la femme au sein de la religion chez les Celtes. En effet, en ce qui concerne les Celtes nous connaissons assez bien le statut des femmes dans la société (possibilité d’avoir des biens propres, de divorcer, d’être Reine, de mener le combat, d’être ensevelie avec des trésors …) mais si nous avons de bonnes pistes, les avis divergent sur leur place au sein de la fonction pensante et religieuse.

 

La femme fut-elle dans les premiers schémas indo européens une compagne totale de l’homme et seule une déformation judéo - chrétienne nous la laisse cantonner dans des situations subalternes, ou bien fut-elle dès l’origine dans cette situation ?

Si au même titre que pour la compréhension du panthéon celtique nous nous referons aux origines védiques, nous avons trace précise de cette place féminine.

Tout comme chez les Celtes, les anciens Hindous ne semblent pas se formaliser de cette question des sexes et dans la période préhistorique, qui va de 1500 av JC à 500 av JC la femme en Inde jouie comme la Celte d’un statut enviable par leurs consœurs Greco - Latines.

 

« Contrairement à ce que l’on pourrait croire, la période védique est la plus propice à l’épanouissement de la femme en Inde. Nous trouvons au moins 27 noms de poétesses dans la littérature des Vedas….[…] et cela nous montre qu’elles recevaient autant d’éducation que les hommes … »

(p 97)[1]

 

Nous pouvons faire un parallèle avec l’importance dans nos sociétés du « Barde », le « poète », célébré tel le « Druide » dont il est dans sa forme archaïque une présentation tout à fait reconnue. Les poèmes antiques ne sont pas de simples poésies, mais des transmissions, quasiment magiques, de la tradition orale, des mythes, des filiations.

 

« Pour recevoir une éducation d’un tel niveau, les filles devaient suivre le même chemin que les garçons »

(p 98)

 

Le rituel du cordon sacré que les garçons en apprentissage portent à leur poignet était à l’origine un rite aussi respecté par les filles.

 

« Les exemples des femmes qui faisaient des études avec les hommes, dans les âshrrama et qui combattaient sur les champs de batailles ne nous manquent pas. »

(P98)

 

Ici aussi nous pensons immédiatement aux initiatrices celtes ou hindoues, à la Reine Bouddica sur son char de bataille, à la Dame de Vix, enterrée avec une richesse considérable, telle une Reine.

 

La femme sur un même pied d’égalité, sur le plan de l’enseignement et la poésie, ne peut signifier qu’une égale projection sur les différents plans de représentations au sein de la société. Par conséquent nous n’avons aucune raison d’imaginer que ses femmes antiques aient été évincées, écartées ou subordonnées dans le cadre religieux. N’oublions pas que les modes de sociétés archaïques le savoir et l’art sont liés au religieux. Pour confirmer cette évidence, sur la femme dans la société primitive indo – européenne, nous pourrions aussi nous pencher sur l’étude et la comparaison des déesses, dans le système védique et celte. Elles y sont très présentes, et très actives. Elles sont divines, de même nature que les Dieux sans leur être subordonnées.

 

En ce qui concerne l’évolution du statut de la femme hindoue, (tout comme de leur système de croyance), c’est encore et déjà l’histoire qui va commencer à changer les choses avec la mixité Dravidienne qui fit de l’enseignement aux filles quelque chose de « facultatif ».

Mais les choses changèrent radicalement à l’arrivée des Anglais et des nouvelles religions.

 « Les hindous ont dès lors gardé femmes et filles dans les maisons, l’instruction des filles a pris fin. […] On est allé jusqu’à émettre que l’idée qu’une fille qui sait lire et écrire sera incapable de faire la cuisine et de s’occuper de son foyer »

(P111)

 



[1] Tous les extraits proposés dans cet article sont de Vasundhara Fulliozat dans La femme – Ce qu’en disent les religions.

 

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Publié dans Terre des Femmes

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