Internet et Traditions Spirituelles
Ha Internet ! Grandeur et décadence. Sur cette toile nous trouvons autant de merveilles que de saletés, si ce n’est pire. Oui, d’un coté nous trouvons quelques perles rares, de ceux qui n’ont pas autrement l’occasion de s’exprimer, de ceux qui n’ont pas autrement les moyens de s’exposer, de partager. Mais cette liberté d’expression comporte en elle-même son revers, on peut trouver aussi et souvent le pire, de ceux qui se cachent derrière des Avatars afin de cracher leur venin, ou exprimer leurs pathologies, nourrir la haine sous des mots d’amour, et envenimer la vie sous couvert de tolérance.
Cependant est ce l’outil qui est à blâmer, ou l’homme qui l’utilise ?
L’internet fut dès le début un de ces outils porteur pour les croyances quasi marginales, il permet de comprendre que l’on n’est pas toujours seul à croire à autre chose, de savoir ce qui se passe plus loin, ou ici et que l’on ignore. Des le début les sites et les forums ont foisonnés. Cet élan premier fut rattrapé par les aléas des mouvances sans structure, c’est vite un peu le chaos et la foire d’empoigne la manipulation mentale et le trafic d’influence. Chacun y va de son savoir, de ses copier / coller, de sa recherche des matières « gratis », sans aucun égard pour les droits d’auteurs et le travail des autres.… Les forums se sont fermés, puis ont disparu pour la majorité. Des sites se sont tus, mais on fleuri des myriades de blogs. Le blog est affaire d’une personne et permet au moins de ne pas se chamailler tout seul, même si certain y arrive quand même. Même si souvent ils nourrissent un nombrilisme aigu, ils permettent parfois de rencontrer de bien jolies choses, perso, des analyses judicieuses et des avis intelligents.
Ayant assisté depuis plus de 10 ans à cet historique Internet pour les sites et autres blogs druidiques, je constate que nous avons encore à faire à ce jour à différentes moutures. Les sites d’insultes, qui ne savent au fil des pages que dire « Je suis le meilleur les autres sont des cons ». Ils le disent parfois sans détours, d’autres fois en toute mauvaise fois, fausse humilité. Quelques uns expriment la pratique, leur pratique sans se soucier de ce que pense le voisin, en toute indépendance et clarté d’esprit. D’autres cherchent une légitimité par quelques photos spoliées, quelques liens menant tous au même site.
Nous trouvons aussi des sortes de chaines internes où sous couvert de pratique spirituelle se cache une volonté commerciale. Certains semblent être l’expression d’un delirium tremens, d’autres d’une pensée fort sage. En fait, il en est des sites et autres blogs sur le druidisme ou le paganisme exactement la même chose que tout le reste de la toile. Parcourez les sites et les forums divers et vous constatez illico les foires d’empoignes et les prises de bec, avec de temps en temps une idée lumineuse, une page fertile, une expression de pensée dans le respect de celle des autres.
Il est encore à faire nombre analyse sociologique de cette araignée gigantesque, belle expression de la nature humaine contemporaine.
Mais devons nous abandonner l’outil sous prétexte que certains en font un exutoire pathologique ? Ou plutôt ne devrions-nous pas apprendre à séparer le bon grain de l’ivraie, savoir prendre assez de recul, nous délecter des fleurs offertes par cet espace de liberté, et passer sans les regarder les souillures qui ne sont que l’expression du plus vilain de l’homme ?
Soit l’internet est pire que les livres car il est plus facile : c’est si facile d’écrire quelques mots dans le sens qu’on leur crée, et qu’il suffit d’ouvrir un compte pour se parachuter « grand sage ». Il est plus difficile d’écrire 150 pages sur un sujet, car il faut de la constance et de la suite dans les idées, un certain sens du rédactionnel et la force d’assumer ses croyances. Internet propose plus simple, plus direct ; et l’on peut plus facilement faire prendre des vessies pour des lanternes.
Il y a même ceux qui sont capables de détourner des mails, pirater, ceux qui pillent et qui volent, mais il y a aussi ceux qui savent peindre les beaux ciels du soir, ceux qui chantent les murmures du vent, comme dans la vie, exactement comme dans la vie.
Pouvons-nous nous faire une idée juste de l'expression des pratiques spirituelles sur l’Internet ? Oui une idée juste car nous y trouverons en cherchant bien ce qu’il propose de mieux, tout comme ce qu’il peut engendrer de pire.
A nous la liberté de ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain.