Le
« Druidisme » est la dénomination moderne d’une pratique plus ou moins calquée, ou inspirée de la pratique religieuse des anciens Celtes. Ce terme n’existe pas dans les temps antiques
qui ne sont pas fait des sociétés laïques, et pour lesquelles la religion est une partie intégrante de la vie sociale et communautaire, mais aussi de la vie personnelle. La différence
« sacrée », « profane » joue sur un tout autre plan que celui d’un choix de vie.
On ne dit pas « je pratique telle croyance » mais on dit « le Dieu de ma Tribu ».
Ainsi pas de « Druidisme » dans l’antiquité mais des croyances polythéistes, dont les prêtres (dans un sens large,
c'est-à-dire, Barde, Ovate, Druide, et donc spécialistes du culte, de la médecine, de la justice, de la divination …). Nous pouvons utiliser le terme de « prêtre » dans le sens où sont
« druides » une partie de la population dont le rôle est d’encadrer le Sacré auprès de la communauté.
Il est difficile de regarder les anciennes croyances avec nos esprits contemporains, un effort est nécessaire pour les
appréhender. Un culte ancien, païen, natif ne se comprend pas, ne se vit pas, ne se pratique pas de la même manière que nos spiritualités contemporaines. Il n’y a pas d’un coté les humains,
de l’autre des croyances choisies à la carte, d’un coté les prêtres et d’un autre les « ouailles », il y a d’un coté les Prêtres (Chamans, Druides, Prêtres) mais tout un chacun possède
aussi sa part de reliance personnelle. Il y a les rites communautaires, les rites familiaux et les rites personnels, une seule foi exprimée sur des gammes différentes.
Les temps vont axer ces croyances de différentes manières, en fonction des besoins de la société et de l’environnement (car ces
pratiques ne sont pas dissociables de l’environnement). Ainsi d’un Chamanisme premier adapté à des communautés claniques, l’humain va passer à la structure Kymrri, plus adaptée à des communautés
plus grandes et par conséquent ayant besoin de se structurer tant sur le pan social que religieux. L’un ne va pas sans l’autre dans la vision de l’époque. L’un ne peut se concevoir sans
l’autre.
IL y a le rite communautaire, que nous commençons à connaître grâce aux découvertes archéologiques des temples Gaulois par
exemple, tout en ayant connaissance de pratiques votives et personnelles (ex voto de la Seine)
La société celtique, comme ses croyances spirituelles est fondée sur une structure tripartite, et non pas sur un clivage, une
dualité de masse, ou de croyances.
Les pratiques des Celtes sont droites issues des pratiques chamaniques premières européennes, au même titre que les pratiques
Asatru.
Nous retrouvons fortes traces de trames identiques dans les mythes et les contes, dans les symboles posés des traces
archéologiques.
Par exemple, la pratique magique de la chasse dans les communautés chamanes n’est pas « la croyance » mais une partie
de la croyance qui englobe aussi la médecine, les cultes aux forces de la nature, le culte des Ancêtres ….. De sorte que nous pouvons considérer que les peintures rupestres, ne représentent pas
« une » croyance, mais sont la part de quête magique pour la chasse vitale aux peuples des cavernes. Il ne s’agit que d’une partie de pratique, reliant les humains au sacré (dans le
sens relié de religion), partie d’un ensemble ou la Déesse Mère trouve aisément sa place, qu’elle soit une Déesse, un Esprit guérisseur, une force terrienne ou une Mère Divine.
Nous retrouvons ces trames dans la tradition des Celtes, par la présence de Dieu de la Nature, comme Kernunos, et de Déesse
Mère comme Ana, Dana ….
La simple différence tient au fait que les Dieux Celtes sont ceux d’une société plus nombreuse, de clans plus grands et donc de
mythes qui se sont mis en place en conséquence. Il en est ainsi de chaque tradition, digne de ce nom, orale, qui tout en gardant le « fond », (ce qui est loi naturelle, vérité première,
savoir des anciens acquis à la force des âges : notre monde moderne n’est rien comparé aux millions d’années des hommes dit primitifs mais transmetteurs des mythes) adapte la forme de
manière à être adaptée à l’ici et maintenant.
Aujourd’hui nous parlons de « Druidisme ». En réalité il existe plusieurs manières et différentes approches de ces
pratiques ancestrales, différentes adaptations.
C’est sans doute un mot juste dans la mesure où ne correspondant à rien d’antérieur il permet d’englober dans son sens, tout ce
qui touche de prêt ou de loin à la culture celte ancienne. Il suffirait donc de croire à Ogmios et Dana pour pratiquer le druidisme.
Il n’est pas question de se caler sur des certitudes personnelles, de se croire détenteur de la seule « tradition »
des Druides, ou de la secrète connaissance. IL s’agit de simplement faire un constat. Si nous en restons aux faits, nous pouvons constater qu’il existe trois mouvances.
Nous avons d’une part un ensemble de pratiques issues de ce que nous appelons la Renaissance Druidique. Elle se mit en place en
même temps que la Franc Maçonnerie au XVII eme siècle et lui est très proche tant sur le fond que sur la forme. Plus ou moins rapprochée de cultes de
la nature cette mouvance produit tout un ensemble de groupes plus ou moins cultuels, culturels.
D’un autre coté nous avons à faire à des communautés en pleine expansion qui renouant avec la culture celte, y adjoint tout un ensemble de pratique New Age, issues des mouvements Hippies, du
Golden Dawn, de la Wicca, et qui foisonnent de diversité dans son essence même. Chacun y crée « Son » druidisme, « Sa tradition ». Il s’agit d’un ensemble hétéroclite de
volonté de vivre autrement sa religion, plus prêt de la nature, sans aucune attache, ni structure. Ces groupes refusent souvent, la notion même de « Prêtrise » chacun étant son propre
prêtre, ou son propre Chaman, ou bien se projette dans le rôle sans les attaches référentielles cultuelles et culturelles basiquement nécessaires.
Une troisième réflexion se fait jour, pour ceux qui comme moi, ayant parcouru les chemins précédents, et s’y trouvant limités, ont orienté leurs travaux différemment. Il s’agit de retrouver les essences fondamentales des vieilles croyances, de leur connexion avec les lois
naturelles qui nous entourent mais sont aussi partie intègre de nos psychés. Il s’agit de puiser aux sources, afin de nourrir notre présent dans une multitude de réalités.
Il ne s’agit pas seulement de connaître, et d’apprendre, mais aussi de comprendre.
Cela est plus un Esprit Celte, Esprit Kymmri ainsi que se nommaient eux même les Celtes que du « Druidisme ».
L’Esprit Kymrii n’est pas un simple apprentissage de textes ou de gestes, mots et gestes que tout un chacun peut reproduire,
sans en comprendre le sens et la portée, mais une manière particulière de croire, de faire, de dire. Ces manières sont inspirées, par les schémas ancestraux qui sont les nôtres, que nous
connaissons par les étendues nouvelles et réelles de l’histoire et l’archéologie contemporaines, la connaissance des mythes, contes et légendes, celle du folklore, mais aussi celle de notre
possible acceptation qu’il existe un inconscient collectif sans amnésie, une autre monde, un espace des Rêves, tel que toutes les traditions primitives le croit et que cet espace nous est
accessible, à condition d’être suffisamment humble et libéré des œillères de notre contemporalité faite de dualité, de rejet, de toujours vouloir faire contre au lieu de vouloir faire
pour.
Mon expérience personnelle, me porte à croire aujourd’hui que ces orientations sont difficilement accessibles par le travail de groupe. Il semble que la notion d’individualisme l’emporte trop sur
l’individuation pour mettre en place un type d’approche clanique. Dix ans d’ODET, Ordre que j’ai fondé en 1999 et qui fut dissout par les Druides,
suite à mon départ en 2007, dix ans de rencontres intergroupes, voire inter Traditions confirment ce fait. Mais il est d’autres chemins, qui se dévoilent peu à peu, qui plus que du partage sont
des mises en commun du travail effectué. Une sorte de mise en commun des recherches. Quelques uns s’y retrouvent et c’est dans cet idée que je me trouve aujourd’hui, dans ce sens du travail et
dans cet esprit : Kymrii.