Dimanche 19 octobre 2008

The Department of Psychology and Neuroscience at Baylor University is proud to support the 1st Annual Society for Personality and Social Psychology (SPSP) Pre-conference on Psychology of Religion-Spirituality, which takes place on Thursday, Feb. 5, 2009, in Tampa, FL; TCC Room #37/38

 

This pre-conference will highlight classic, contemporary, and emerging empirical research at the interface of social-personality psychology and the psychology of religion-spirituality. Primary goals are to bring to SPSP rigorous quantitative research on psychology of religion and spirituality topics and to bring to the psychology of religion sub-discipline some new, innovative, and established social-personality scholars.

 

 

PRESENTERS:

 

Adam Cohen (Arizona State University)

Julie Exline (Case Western Reserve University)
Nicholas Gibson
(Cambridge University)
Peter Hill (Biola University)
Mike McCullough
(University of Miami)
David Myers (Hope College)
Crystal Park
(University of Connecticut)
Constantine Sedikides (University ofSouthampton)

 

http://www.baylor.edu/psychologyneuroscience/index.php?id=58354

 

Par Duir - Publié dans : Regards
Dimanche 5 octobre 2008

 

Les Kalévaléens, sont des poésies récitées en mètre de la tradition finnoise la plus ancienne. Avec le trochée à quatre pieds, les anciens Finnois ont exprimé, pendant plus de deux mille ans, tous les messages qui exigeaient un langage poétique : des poèmes épiques mythiques, chamaniques, et héroïques jusqu’aux impressions lyriques, des incantations jusqu’aux comptines. Les moyens poétiques étaient l’allitération et le parallélisme. Pendant plus de deux cent ans ont été recueillis une quantité exceptionnelle de poésies de ce genre (plus de 1270000 vers). Toute cette poésie est de tradition orale et récitée. L’époque du chant kalévaléen à proprement parler a duré en Finlande jusqu'au XIXème siècle. Encore dans les années 95 on pouvait rencontrer en Carélie, des personnes âgées qui avaient appris par tradition orale les récits de leurs anciens, comme le chant de la légende de Marjatta qui tombe enceinte après avoir mangé des baies.

Cela n’est pas sans rappeler nos déesses celtes tombant enceintes après avoir ingéré une abeille ou un grain de blé.













Kantélé, instrument traditionnel finnois.
(
http://www.people.iup.edu/rahkonen/kantele/FinnishKantele.htm)

 

Par Duir - Publié dans : Art Sacré
Samedi 20 septembre 2008

Septembre 2008, Vient de paraître aux Editions Rafael de Surtis

 

DES MONTS ET DES CHAMANES

Fragments de Chamanisme sibérien altaïen

 

 

par

Anne Ferlat

 
En 1997, parut aux Editions Jean-Claude Lattès le fascinant roman La Chamane blanche, écrit par Olga Kharitidi, contant l’histoire d’une psychiatre russe partie dans l’Altaï et découvrant grâce à l’aide d’une chamane une approche différente du soin et une façon différente de guérir ses patients. Ce texte est issu de la fascination exercée sur l’auteur par ce roman. S’appuyant sur des sources ethnographiques russes, il rapporte les légendes et tente de rendre la vision du monde de peuples demeurant en ces lieux de hauts mystères où le temps s’écoule différemment dit-on. Shamballah mythique pour certains, l’Altaï abrite d’abord une mosaïque de peuples dont la mémoire risque de s’éteindre à tout jamais.

Sommaire : Des Monts et des Dieux. Des Monts et des Mondes. Des Monts et des Ames.

               

 

 

Commande à 

Editions Rafael de Surtis, 7 rue Saint-Michel, 81170 Cordes-sur-Ciel

 

 

Par Duir - Publié dans : Regards
Mardi 16 septembre 2008

e sont en vérité de terribles nouvelles ; ce sera un mauvais temps qui durera longtemps,

pendant lequel les chefs seront nombreux
Pendant lequel les honneurs seront rares,

les vivants anéantiront les bons jugements
Le bétail du monde sera stérile
les hommes rejetteront la pudeur
les champions des grands seigneurs s’en iront
les hommes seront mauvais, les bons rois seront rares.

Les usurpateurs seront nombreux
Les disgrâces seront légion.

Chaque  homme sera disgracié
Les chars périrons après la courses
Des ennemis épuiseront la plaine de Niall
la vérité ne garantira plus l’excellence
les sentinelles autour des ( églises) Sites Sacrés seront battues
tout art sera bouffonnerie
tout mensonge sera choisi
chacun sortira de son propre état
avec orgueil et arrogance
si bien que ni le rang
ni l’âge
ni l’honneur
ni la dignité
ni l’art poétique
ni l’instruction ne seront respectés
on brisera quiconque est intelligent
chaque roi sera pauvre
tout ce qui est noble sera méprisé
tout ce qui est servile sera élevé
si bien que ni Dieu(x) ni homme ne seront adorés
les nobles périront devant les usurpateurs par l’oppression des hommes aux lances noires
la foi sera détruite
les sacrifices seront troublés
les seuils des (églises) temples seront écroulés
les cellules seront minées.
Les (églises) temples seront brûlés
les cuisines seront dévastées par avarice
l’inhospitalité détruira les fleurs
les fruits tomberont par mauvais jugements
le sentier de chacun périra
des chiens infligeront des blessures, aux corps si bien que chacun (…) contre sa suite par noirceur, rancœur et mesquinerie
il y aura un refuge pour la rancœur et la mesquinerie à la fin du dernier monde
il y aura de nombreuses discutions avec les gens d’art
Chacun s’achètera un satiriste pour satiriser à son profit
chacun imposera sa limite à l’autre
la trahison s’aventurera sur chaque colline, si bien que ne protégeront ni lit, ni serment.
Chacun blessera son voisin, si bien que chaque frère trahira l’autre.
Chacun frappera son compagnon de boisson et de repas, si bien qu’il n’y aura ni vérité ni honneur ni âme.
Les avares se dessécheront mutuellement
les usurpateurs se satiriseront l’un l’autre avec des tempêtes de noirceur
les grades seront renversés ;

la caricature sera  oubliée ;

les sages seront méprisés
la musique tournera en grossièreté
la qualité guerrière se tournera en cellules et en  cléricature
la sagesse sera changée en faux jugements
la loi du seigneur se tournera contre (l’Eglise) le Sacré
le mal passera dans la pointe des crosses
tout mariage deviendra adultère
un grand orgueil et un grand libre arbitre seront dans les fils de paysans et de vauriens
une grande avarice, une grande inhospitalité et une grande mesquinerie seront chez les tenanciers si bien que leurs arts poétiques seront noirs
le grand art de la broderie passera chez les fous et les prostituées si bien que l’on attendra des vêtements sans couleurs
des jugements faux passeront par les rois et les seigneurs
L’ingratitude, la méchanceté viendront dans chaque esprit, si bien que le serviteur et la servante ne serviront plus leurs maîtres, que ni le roi ni le seigneur n’entendrons plus les prières de leurs cantons, ni de leurs jugements ;

 

l’envie remplira chaque homme ; l’homme fier vendra son honneur et son âme pour le prix d’un scrupule.
La modestie sera rejetée
le peuple sera bafoué
les seigneurs seront anéantis
les rangs seront méprisés

 

les poètes seront anéantis
la vérité sera abolie
de faux jugements apparaîtront  chez les usurpateurs du dernier monde
les fruits seront brûlés après leur apparition par une foule d’étrangers et de gens de rien
Il y aura une trop grande foule d'hommes dans chaque pays
les pays s'étendront dans la montagne
chaque forêt sera grande comme une plaine et chaque plaine sera une grande forêt
Chacun deviendra esclave avec toute sa famille
Après cela il viendra de nombreuses et cruelles maladies
des tempêtes subites et effroyables
des éclairs et des fracas d'arbres
l'hiver aura des feuilles
l'été sera sombre
l'automne sera sans moisson
le printemps sera sans fleur
il y aura mortalité avec famine
il y a aura des maladies sur les troupeaux
vertige, consomption, hydropisie, peste, enflure, fièvre
trouvailles sans profit, cachettes sans trésors, grands biens sans hommes...

Extinction des champignons
manque de blé
parjures
jugements de colère
une mort de trois jours et de trois nuits pour les deux tiers des hommes
un tiers de ces plaies sur les bêtes des mers et des forêts
il viendra après cela sept années de lamentations
les fleurs périront
dans chaque maison il y aura des lamentations


(traduction Guyonvarc'h in Le dialogue des deux sages )

 

Ce texte, dont il existe plusieurs copies entre le XII et XIXeme siècle, mais dont l’origine est antérieure, est d’après Guyonvarc’h qui en fit une étude minutieuse,  non pas le reliquat d’un texte narratif, ordinaire ou épique. Il le rattache plus précisément à des prophéties, « tecosca », en tous cas comme une œuvre unique d’enseignement druidique.

Le message qui y transparait ne demande pas de commentaires, il parle de lui-même, et semble tant convenir à notre époque, qu’il nous a paru intéressant de le livrer ici.

 

Le dialogue des deux sages

Christian Guyonvarc’h

Ed Bibliothèque scientifique Payot

 

Par Duir - Publié dans : Essais
Dimanche 7 septembre 2008

Quand nous parlons de créer de l’âme, c'est-à-dire de nous donner littéralement l’ordre de générer un système racinaire de plus en plus étendu, un territoire de l’âme conquis et entièrement occupé de plus en plus vaste, nous vivons à la manière d’un arbre gigantesque … Il ne se contente pas de faire monter l’énergie. Il la fait redescendre au fur et à mesure qu’il pousse en surface, en lui confiant la tache de développer le système racinaire, la quête d’un supplément de nutriment, et l’adaptation aux conditions climatiques.

 

P 47 La danse des grand-mères  Clarissa Pinkola Estes

 

Voilà une leçon, naturelle, que chacun d’entre nous peut constater dans la nature et si clairement transmis par cette auteure extraordinaire. Si nous vivions comme des arbres, alors nous devrions pousser autant de la racine que de la canopée  D’un coté cherchant la lumière du ciel et de l’autre puisant toujours plus profond dans la terre.

Il semble cependant que notre époque génère de bien étranges futaies. D’un coté des arbres cherchant haut la lumière du jour, poussant leurs branches à l’extrême limite de leur poussée, réfutant de leurs racines, qui leur paraissent même sales. Ces arbres, comme de trop grands chênes prétentieux, sont par un simple vent, mis à terre, décapités, coupés.

De l’autre nous pouvons rencontrer des arbres, seulement orientés vers le bas de leur tronc, comme autant de nombrils. Ceux là, poussent tant leurs racines, sans pointer vers le ciel, qu’ils s’entremêlent puis s’étouffent, poussant comme en dedans.

 

Pointer vers le ciel est aisément compréhensible, de chercher la lumière, à la conscience éclairée, réaliser, donner des fruits, car c’est la voie visible à nos yeux, à notre matérialisée. Notons qu’il ne s’agit pas de branchages virtuels, que l’ombre n’est produite que par la vraie verdure. Les branches, les bourgeons, les fleurs et les fruits sont de concrètes « choses ».

Générer un système racinaire peut sembler plus occulte, parce que dans la terre, dans la nuit, dans l’obscur. Cette terre n’est ni sale, ni vilaine Ce noir n’est pas méchant. .Il nourrit, il réchauffe, il garde, il compte le temps. Nos morts dorment dans la terre. Notre mémoire humaine y flotte, s’y murmure.

 

Ne peut-on, aisément lier cette racine à ce que le passé nous offre de nourricier et non pas castrateur, ce que le passé offre de vivifiant et non pas désintégrateur ? Y a t-il réellement un secret, autre que ce que nous ne savons pas voir, pas entendre ?

Nous pouvons, danser et gesticuler sans fin, aux creux des bois anciens, nous pouvons vagir et cracher des mots qui ne sont pas les nôtres, le voile ne se déchire pas. Il faut pour cela simplement, poser son bâton, lever la tête et regarder d’en bas, sentir sous ses pieds les dures racines qui courent et .. regarder l’arbre. Alors le chant de la terre pourra se dévoiler et la leçon du monde lancer ses mille feux de joie.

 

Loin du délire anthropomorphique, de l’humanisation des choses et des règnes, les arbres ne parlent pas le langage des hommes. Nous nous pouvons parler le langage des arbres, ce langage immémorial qui passe par l’image magnifique à travers nos pupilles, le frais doux sur la peau projeté par son ombre, l’odeur qui nous abreuve, et la grande leçon de sa présence.

 

Loin de la sensiblerie mièvre et des appropriations égotiques, peut-être pouvons-nous retrouver ce regard, à la fois doux et sauvage, sage et fou mais toujours juste.

Peut-être pouvons retrouver l’équilibre de nos pieds, pour enfin laisser nos bras non pas partir à l’assaut du ciel, mais se balancer dans la verdoyance …

 

Par Duir - Publié dans : Essais
Vendredi 5 septembre 2008

Pouvons nous comprendre quels attraits des Déesses ont aujourd'hui pour tant de monde ? Filles et hommes se tournent vers elles comme des papillons au soleil retrouvé. Quelle est cette mouvance ?

Les filles trouvent en elles l'image de la femme, entière. A la différence des Mères fécondées par les esprits, nous voilà en présence de femmes sacrées, dont le joyau, le grand pouvoir est intact, celui de charmer, de séduire, de copuler, et d'accoucher dans un grand cri. La Déesse use de charmes, la Déesse séduit, la Déesse fornique, et la Déesse accouche. Prête à recommencer sa danse. La Déesse, nourrit, la Déesse, éduque, la Déesse guide, la Déesse veille sur le feu ...
Ce n'est pas l'image lubrique dont Elle fut affublée qui attire à Elle les prières des gens, c'est la puissance vraie, retrouvée de son essence de femme. C'est la plénitude de sa réalité, une femme reconstruite, vivante. Apres les quelques milles années de femme mutilée, la voilà qui ondule.
Pour nous les femmes, son retour de Déesse est comme une source claire resurgit d'un printemps. Nous retrouvons le droit, la vie. Avec son eau qui coule s'éloigne lentement, la culpabilité, la peur, la honte, l'étouffement de nos besoins naturels. Le retour de la Déesse signe un grand vent d'amour, le sens sacré de son pouvoir de femme. Tous ce qui fait que nous sommes des femmes peut retrouver le sens sacré de la vie. Nos cheveux portent aux vents leurs forces magnifiques et la peau de nos joues appellent aux caresses. Nos jupes se déclinent en couleurs d'arc en ciel et nos danses invitent à venir nous rejoindre. Nous retrouvons le droit d'être simplement des femmes, belles et fortes, désirables, conquérantes ou sages, vieilles, solitaires. Le droit d'être d es filles au bal de nos campagnes, le droit de sauter par dessus les feux de Beltaine, le droit de faire des vœux nos ventres nus sur les pierres millénaires, le droit des parturientes à grand cris.

Et ces hommes, que viennent - ils chercher à sa jupe ? La femme de leur âme, celle qui fait défaut. Viennent-ils retrouver la mère ? Oui sans doute, cette grande Déesse qui de son sexe ouvert offre la vie, toujours. Mais aussi cette femme qui ose, cette femme qui est.
Comme une vie sans nuits, les hommes se fatiguent à courir tout le jour. Ils cherchent avidement, l'eau fraîche du ruisseau, le vent qui tourbillonne. Ils savent bien que c'est cela qui fait d'eux des héros, des vivants, retrouvant eux aussi l'essence de leur être, des hommes tout simplement humains.

Quand la Déesse arrive, relevant ses jupons couvrant d'un voile d'oubli la pauvre mutilée, alors le jour se lève, et lui fait une aurore à faire pâlir d'envie tous les lys de la lande.


 

Par Duir - Publié dans : Terre des Femmes
Lundi 1 septembre 2008

Excellente émission sur la chaîne Histoire, faite de reportages, de rencontres et de beaucoup d’humour. Samedi 6 septembre à 12h30 l’épisode rediffusion de celle sur les « Barbares Celtes », une autre vue de la colonisation romaine, et de la culture celte.

A ne pas manquer. Instructif.

Par Duir - Publié dans : Regards
Dimanche 31 août 2008

Il semble que soit fait un amalgame entre art sacré et art religieux, à tel point que si nous tapons art sacré dans un moteur de recherche, nous tombons immanquablement sur des images chrétiennes. Hors il est une différence majeure entre l’art sacré et l’art religieux, de la même manière qu’il existe une différence majeure entre art profane et art sacré. Ces distinctions sont des vocables modernes où le sacré se différencie du profane, à tel point qu’il ne semble plus y avoir d’interférence entre eux et l’art sacré n’est plus que de l’art religieux voué à la représentation d’une croyance induite pour tous.

 

C’est encore une fois, penser en homme moderne, et oublier que le monde a tourné avec d’autres méthodes d’approche durant des milliers d’années. Le paganisme se rattachant aux anciennes cultures, tend à retrouver ce lien entre l’art et le sacré et ne se complet pas à simplement représenter, un art qui ne se voudrait « que » décoratif.

 

Ancestralement le profane et le sacré, s’entremêlent et se chevauchent, il est un temps pour chaque chose, mais ces temps sont nécessaires à l’équilibre et à la bonne marche du monde. Chaque art primitif ne semble pouvoir se défaire de cette manie de pratiquer l’art en le liant au « sens ».

 

Le religieux serait un art qui représente le divin. Le sacré serait l’art qui le manifeste. Approche totalement différente si on en juge par les pratiques artistiques ancestrales, entre les mondes primitifs et nous. Il est une évidence que nous sommes capables de décorer un outil pour le rendre joli, alors qu’un primitif n’a que faire du joli si celui ci ne lie pas de manière « magique » l’outil au divin, lui conférant un sens différent, protecteur, agissant. Le fait de lier au sacré rend beau, sans aucun doute, mais le but n’est pas cette beauté, le but est la magie. Dans le monde antique l’art est magie. Cela se retrouve parfaitement clair, dans le monde primitif des chamans, qui « dessinent » pour « charger », mais aussi dans le monde Celtique, Nordique. En effet ces deux cultures proposent les entrelacs qui sont à la fois une décoration ultime mais surtout un écho de l’effluve divine, qui en dehors de ces « symboliques » (cycle, spirale etc.) ne peut se représenter. Ce n’est que tardivement que ces cultures ont représenté leurs Dieux, Brennus ne fut certainement pas le premier à rire des statues grecques déjà vouées à la représentation moderne.

 

Nous pouvons considérer que le modèle d’art sacré, art dans lequel se manifeste le divin, est la base du monde créatif de notre occident jusqu’à la fin de l’art roman. Tant que l’art respecte, un trait, une approche symbolique, il tente de rejoindre ce qui touche l’âme humaine par son « sens magique». A partir du moment où l’humain a désiré représenter, voire égaler, les beautés divines, l’art s’éloigne du sacré pour devenir religieux. L’art gothique semble nous avoir lancé sur cette décadence, fier de nos nouvelles compétences architecturales, sûr de notre supériorité sur la nature, nous pouvons, oser, la représenter.

 

Mais l’art sacré, comme le sens religieux, n’est pas affaire d’Histoire, c’est une manière d’exprimer. Ainsi l’art religieux, comme l’art profane peut en certaines occasions transpirer le sacré. L’artiste n’en est pas pour autant conscient, son « Art » le dépasse, et c’est ainsi que tout au long de l’histoire de l’art nous pouvons croiser de ces œuvres, hors du commun.

Chaque trace, chaque son, peut être pour nous le respectable et le réceptacle d’un sens divin qui s’il nous échappe, s’approche un peu de nous.

 

 

Nos ancêtres avaient tellement compris cela que les gens de l’« Art » étaient des plus respectés. Si ces « grandes âmes » ne sont plus vues, ni respectées à notre époque le sacré peut investir chaque trait, chaque couleur, chaque mélodie si tant est qu’il se calque sur la danse du monde, au delà des critères des petites étapes temporaires que sont nos vies et les critères de culture.

Par Duir - Publié dans : Art Sacré
Samedi 30 août 2008

 

 

« Le rituel est la poésie dans le monde des actes »

Nuinn (fondateur de l'Obod)

 

Pour Mircea Eliade, « toute poésie est un effort pour recréer le langage, en d’autres termes pour abolir le langage courant, de tous les jours, et inventer un nouveau langage, personnel et privé, en dernière instance secret. Mais la création poétique, tout comme la création linguistique, implique l’abolition du temps, de l’histoire concentrée dans le langage… » (Extrait de Mythes, rêves & mystères). La poésie bardique est tout à fait dans cet esprit, elle est l’expression de l’inspiration du Barde qui par le flot de l’Awen (inspiration, intuition) se lie aux sources d’inspirations divines et donc intemporelles.

Cette poésie, cette magie du verbe, permet d’exprimer, de représenter, faire ressentir des choses que les mots de tous les jours ne peuvent pas. La poésie est donc en elle – même le langage magique et intermédiaire entre les autres monde et les hommes, elle est le fil secret entre les lobes de nos différents cerveaux, entre nos différents corps. Cette poésie du verbe est un des plus beaux langages de la prière car elle ne répond pas aux critères linguistiques, aux règles de grammaires ou de construction mais elle répond aux règles des sons, de la vibration, de l’âme, elle est le cri du cœur, le chant de l’âme …

Le rituel druidique comme une poésie dans le monde des actes, représente ce mode d’expression qui va plus loin que le mot, le son, le complète, en étant le geste qui permet de relier, de lier, de connecter. Là où la poésie permettra  d’échanger dans l’esprit et l’émotion, le dire  et l’entendre, le rituel permettra de matérialiser, de concrétiser, d’aller plus loin. : de voir et de toucher. Il est vrai, et tous ceux qui ont assisté à un rituel druidique l’on vu, que le rituel dégage une émotion poétique extraordinaire. Autant, sinon plus que les objets, poétiques et bucoliques (fleurs, fruits, bois, pierre, plumes …) le ton, les gestes, les intentions sont emprunts de cette mouvance poétique, de celle qui relie au souffle des vents, aux bruissements des feuilles, au chant des ruisseaux. Chacun est pris, surpris, et enfin envoûté par la magie du moment tout comme on reste touché par un magnifique poème, sous le charme.

 

Un rituel est un instant particulier où l'on prend le temps d'être hors temps et hors espace. Les formes de bases de la création sont le cercle (éternité) et le carré (incarnation)

Lors d'un rituel il s'agit de retrouver cette harmonie primordiale, cette position traditionnelle d'être un être parmi les êtres, un Etre Humain dans le cosmos. Recréation de ces espaces primordiaux, positionnement des Energies Premières et donc toujours incarnées, reprise de conscience de notre place au sein de ce cosmos, rond et carré mais aussi vertical. Nous ne faisons plus qu’un, enfant du Ciel et de la Terre, avec la Nature environnante, le cosmos.

A l'intérieur de ce Cercle, Carré, se trouve le tronc qui va des mondes souterrains aux mondes supérieurs. Nous sommes au centre, lien, connecteur de vie et la prise de conscience de cet état de fait apporte un nettoyage de nos méninges, de notre âme … Souviens toi qui tu es !

De reprendre sa place  permet par la dynamique engendrée, accentuée par des mots, et des gestes de redonner, voire donner un nouveau souffle, à soi, aux autres, au monde, au cosmos.

Hors du temps et de l'espace car cet ici et Maintenant refait le souffle et le geste qui donne vie au Monde éternellement. C'est reconnaître notre vraie place dans l'Eternité. C'est épurer la vie de tout ce qui la cache, de tout ce qui fait d’elle une vie pour lui rendre son authenticité, sa vérité première, son éternité. C'est connecter avec l'instant de notre naissance, de notre mort ces instants où personne n'a prise, où se sont les Dieux qui gouvernent. C'est un acte de foi, une reconnaissance. C'est un acte d'abandon total, d'acceptation du monde tel qu'il est vraiment.

Personne mieux que Mircea Eliade n'a décrit la réalité d'un rituel primordial. Personne mieux que soit même ne peut en éprouver la force, le bonheur et la sagesse
Par Duir - Publié dans : Essais
Mercredi 13 août 2008

D'un coté on ne crée pas une Tradition on en hérite
De l'autre nous devons la faire vivre, non pas la stigmatiser

La Tradition ?

Est ce quelque chose d'immuable dans la forme ou quelque chose porteur de sens qui sait adapter sa forme ?
La tradition est-elle restée immuable entre 500 av et 0 de JC ?

La tradition est immuable, oui mais dans le « sens » et dans l' « axe » dont elle est porteuse, garante du bien -être d'une communauté, en véhiculant ses « schémas de psyché » qui eux engendrent la culture et un certains sens des valeurs.
Mais dans la forme, quelle tradition est totalement statique ? Figée ?
(le sens est le Centre, la Tradition tourne autour)
Certaines traditions sont proches de l'immobilisme (souvent liées à la culture de l'écrit) et nous pouvons être témoins de leurs effets : elles ne s'adaptent pas aux réalités de ici et maintenant, deviennent des poisons.
Il ne peut, en être autant d'une tradition orale qui a la juste intelligence de savoir, de par son essence même, la transmission, transmettre ce que nos ancêtres ont su nous donner de « sage » dans les axes de vie, en ayant la justesse de se mouvoir à travers les mouvances mêmes des temps.
La tradition est porteuse de sens pour la psyché humaine, c'est elle qui nous permet d'être des Etre Humains, à condition de ne pas en faire un carcan, une prison
(certains mutilent leurs filles sous prétexte de « tradition »)

Quand la tradition est bonne il faut la garder, quand elle devient mauvaise il faut savoir la changer, cela n'est pas le propre des traditions orales, qui savent se glisser dans le temps tout en laissant prise au narrateur, à celui qui transmet et doit avoir la sagesse de cette transmission (les porteurs de tradition, ne sont pas tout le onde, mais des « spécialistes », des prêtres, des bardes) 

La « tradition celtique » peut-elle faire partie de ces traditions figées ?
Ou bien sait-elle avoir le souffle vivant de porter le savoir des anciens et de nous permettre d'être ici et maintenant ?
La beauté de notre culture tient justement dans cette approche subtile de la tradition, chaque Barde devrait porter en lui l'essence  et savoir avec justesse transmettre cette essence, mais à chaque fois de manière subtilement différente, qui tiendra compte de l'ici et maintenant. Le barde ajustait ses contes, à la cour à laquelle il apparaissait, où il savait ajuster l'Histoire en fonction de l'histoire qui se faisait dans l'ici et le maintenant ?
Cela est le contraire de singer, qui consiste à faire et refaire un geste ou dire un mot, tel qu'il fut dit, uniquement parce que « c'est comme ça » ! .
Poursuivre la tradition, consiste à intégrer son sens, son message psychique (et mythique) et le retransmettre pour qu'elle continue à « nourrir » la communauté
La tradition n'est pas un simple effet de style, un effort de l'intellect. L'humain est le seul animal qui pour être lui - même doit être porteur du savoir de ces ancêtres. Cela ne concerne pas les autres règnes. Ainsi les ancêtres, peuvent nous transmettre leurs expériences par le biais de la tradition qui par essence serait porteuse de « clés » pour le bien -être de la communauté.  C'est un message d'amour, un geste de vie, un outil merveilleux, à condition de pouvoir répondre aux besoins présents. Savoir utiliser le savoir des anciens pour nous permettrent de vivre aujourd'hui.

Elle fait appel à des schémas types de l'humanité, que nous ne devons jamais perdre de vue (ce qui en fait son intemporalité), c'est bien pour cela qu'elle passe par les mythes, les contes qui dans la tradition orale ne sont pas statiques.
Rien n'est statiques chez les Celtes, les Dieux n'ont pas de « statue » , leur art sont des volutes et des entrelacs. Tout tourne autour d'un sens, ce sens est immuable, Sacré. La tradition est le comment qui tourne autour, liant le profane et le sacré

Voir la Tradition Celtique comme quelque chose d'immuable en sa forme et qui doit point par point reproduire les gestes du passé c'est lui ôter toute sa force, toute sa beauté, toute sa quintessence. D'autant plus que nous ne connaissons qu'une petite partie de cette geste.
Et en même temps pratiquer cette tradition sans la relier aux schémas d'Origine est une aberration et les schémas d'origine sont connus en grande partie, parce qu'ils sont des réalités psychiques et spirituelles, nous les appelons Dieux, Déesses ... les gens modernes les appellent inconscient, Archétypes ....et parce qu'ils sont inclus dans ce qui nous a été transmis et qu'il nous faut réapprendre à écouter, entendre, regarder ...

Vouloir absolument coller à la tradition telle qu'elle fut (et elle fut mouvante) dans sa forme reviendrait à dire que nous devons réinstaurer la royauté sacrée, demander à ce Roi de s'accoupler à la jument blanche, nous promener avec à la portière de nos voitures les têtes coupées de nos ennemis. Est ce bien sérieux ?
Par contre il est possible de retrouver les schémas psychiques, le sens, de la tradition celte qui sont encore bien présents à travers les mythes, les contes, les us les coutumes, et l'inconscient collectif ....  et en faire les socles d'aujourd'hui.

Certains avancent l'utilisation trompée du Triban par les Druides
Sommes nous sûrs qu'aucun Celte, aucun Druide entre 1000 et 0 av JC n'a jamais dessiné trois traits en forme de triban ? Ces trois traits qui sont une image assez claire du  tripartisme (schéma psychique)
En quoi n'est - il pas un symbole porteur du tripartisme, de trois Déesses ????

La difficulté est de savoir puiser sans ‘inventer', de savoir s'inspirer, qui ne veut pas dire singer. S'inspirer veut dire faire en gardant le sens, gardant l'essence. Ce qui ne change pas et ne doit pas changer, c'est le sens, et nous devons nous attacher à le saisir, non pas le calquer.

Faire le singe consiste à faire et refaire sans en saisir le sens, sans lier au présent, et ouvre la porte à toutes les ignominies possibles.

N'est-il pas insultant à l'égard des ancêtres de vouloir faire comme eux  et non pas avec leur héritage ?

Par Duir - Publié dans : Essais

Catégories

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés