http://museums.norfolk.gov.uk/default.asp?SearchParam=boudica&document=000.10
Qui connaît l’histoire de la Reine Celte Boudica ? Elle est de cette culture qui permet aux femmes d’être Reine, de
prendre les décisions et le chemin de la guerre au même titre que leur mari. Elle est de la trempe des « Maeve », possède des biens et lancent des défis. Elle est de celles qui
consultent les augures et changent l’histoire. C’est une image historique venue du passé, si proche d’un Archétype profond qu’elle prend place dans le panthéon de nos héroïnes. La culture celte,
comme toutes les cultures nourries de tradition orale, font fréquemment ce genre de chose, mêler l’histoire au mythe quand les deux sont susceptibles de nourrir notre psyché. Alors il est temps
de retrouver l’historie de Boudica, nous qui avons besoin non pas guerrières, mais de femmes humaines, sans peur et sans honte.
Voici l’histoire de Boudica (Boudiga, Boudicca, Boddicea …
A la mort de son royal mari, Boudica devient Reine des Icènes. Mais son royaume est envahi par les troupes romaines qui jusque là se contentaient du commerce. Elle même est flagellée et ses
filles sont violées. Apres une révolte et une victoire sur les armées romaines, elle perdra une dernière bataille et se suicidera par le poison ...
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Photo
http://fr.wikipedia.org/wiki/Portail:Monde_celtique/Image_du_mois/Archives/Boudicca
Tacite, Annales, XIV, 34-37
Suetonius réunit à la
quatorzième légion les vexillaires de la vingtième et ce qu'il y avait d'auxiliaires dans le voisinage. Il avait environ dix mille hommes armés, lorsque, sans temporiser davantage, il se dispose
au combat. Il choisit une gorge étroite et fermée par un bois, bien sûr auparavant qu'il n'avait d'ennemis qu'en face, et que la plaine, unie et découverte, ne cachait point d'embûches. C'est là
qu'il s'établit, la légion au centre et les rangs serrés, les troupes légères rangées à l'entour, la cavalerie ramassée sur les ailes. Quant aux Bretons, leurs bandes à pied et à cheval se
croisaient et voltigeaient tumultueusement, plus nombreuses qu'en aucune autre bataille, et animées d'une audace si présomptueuse, que, afin d'avoir jusqu'aux femmes pour témoins de la victoire,
elles les avaient traînées à leur suite, et placées sur des chariots qui bordaient l'extrémité de la plaine.
Boudicca, montée sur un
char, ayant devant elle ses deux filles, parcourait l'une après l'autre ces nations rassemblées, en protestant "que, tout accoutumés qu'étaient les Bretons à marcher à l'ennemi conduits par leurs
reines, elle ne venait pas, fière de ses nobles aïeux, réclamer son royaume et ses richesses; elle venait, comme une simple femme, venger sa liberté ravie, son corps déchiré de verges, l'honneur
de ses filles indignement flétri. La convoitise romaine, des biens, était passée aux corps, et ni la vieillesse ni l'enfance n'échappaient à ses souillures. Mais les dieux secondaient enfin une
juste vengeance: une légion, qui avait osé combattre, était tombée tout entière; le reste des ennemis se tenait caché dans son camp, ou ne songeait qu'à la fuite. Ils ne soutiendraient pas le
bruit même et le cri de guerre, encore moins le choc et les coups d'une si grande armée. Qu'on réfléchît avec elle au nombre des combattants et aux causes de la guerre, on verrait qu'il fallait
vaincre en ce lieu ou bien y périr. Femme, c'était là sa résolution: les hommes pouvaient choisir la vie et l'esclavage."
Suetonius ne se taisait
pas non plus en ce moment décisif. Plein de confiance dans la valeur de ses troupes, il les exhortait cependant, il les conjurait "de mépriser ce vain fracas et ces menaces impuissantes de
l'armée barbare: on y voyait plus de femmes que de soldats; cette multitude sans courage et sans armes lâcherait pied sitôt qu'elle reconnaîtrait, tant de fois vaincue, le fer et l'intrépidité de
ses vainqueurs. Beaucoup de légions fussent-elles réunies, c'était encore un petit nombre de guerriers qui gagnait les batailles; et ce serait pour eux un surcroît d'honneur d'avoir prouvé qu'une
poignée de braves valait une grande armée. Ils devaient seulement se tenir serrés, lancer leurs javelines, puis, frappant de l'épée et du bouclier, massacrer sans trêve ni relâche, et ne pas
s'occuper du butin: la victoire livrerait tout en leurs mains." Telle fut l'ardeur qui éclatait à chacune de ces paroles, et l'air dont balançaient déjà leurs redoutables javelines ces vieux
soldats éprouvés dans cent batailles, que Suetonius, assuré du succès, donna aussitôt le signal du combat.
Immobile d'abord, et se
faisant un rempart de la gorge étroite où elle était postée, la légion attendit que l'ennemi s'approchât, pour lui envoyer des coups plus sûrs. Quand elle eut épuisé ses traits, elle s'avança
rapidement en forme de coin. Les auxiliaires chargent en même temps, et les cavaliers, leurs lances en avant, rompent et abattent ce qui résiste encore. Le reste fuyait ou plutôt essayait de fuir
à travers la haie de chariots qui fermait les passages. Le soldat n'épargna pas même les femmes; et jusqu'aux bêtes de somme tombèrent sous les traits et grossirent les monceaux de cadavres.
Cette journée fut glorieuse et comparable à nos anciennes victoires: quelques-uns rapportent qu'il n'y périt guère moins de quatre-vingt mille Bretons. Quatre cents soldats environ furent tués de
notre côté; il n'y eut pas beaucoup de blessés. Boudicca finit sa vie par le poison. Quand Poenius Postumus, préfet de camp de la deuxième légion, apprit le succès de la quatorzième et de la
vingtième, désespéré d'avoir privé la sienne d'une gloire pareille en se refusant, contre les lois de la discipline, aux ordres du général, il se perça de son
épée.
« Quant aux
Bretons, leurs bandes à pied et à cheval se croisaient et voltigeaient tumultueusement, plus nombreuses qu'en aucune autre bataille, et animées d'une audace si présomptueuse, que, afin d'avoir
jusqu'aux femmes pour témoins de la victoire, elles les avaient traînées à leur suite, et placées sur des chariots qui bordaient l'extrémité de la
plaine »
Des femmes sur un champ de bataille devait être par évidence fort incongrues pour
un esprit latin, les femmes latines restent à la maison et n’ont pas droit de faire, ni de dire. Par conséquent si les femmes Celtes sont là on ne peut qu’imaginer que pour Tacine, Latin, elles
ont été « traînées » pour être témoins. A aucun moment il ne peut imaginer qu’elles puissent être là en guerrières, ou encore pour soutenir de leur présence magique la fureur guerrière
des hommes.
N’hésitons pas à relever qu’elles sont sur des chariots ce qui peut signifier soit une volonté
protectrice (fuite rapide si besoin) soit une volonté d’intervention guerrière.
« Boudicca, montée sur un char, ayant devant elle ses deux filles,
parcourait l'une après l'autre ces nations rassemblées, en protestant "que, tout accoutumés qu'étaient les Bretons à marcher à l'ennemi conduits par leurs reines »
La description est claire, Boudica est un chef de guerre et se comporte comme tel, exactement
comme le ferait un homme. De plus elle est accompagnée de ses filles, ce qui confirme le fait. Que la femme, la fille sont au même titre que les garçons aptes à « parader » sur les
chars guerriers : « Les Bretons sont accoutumés à ce fait »
« Elle ne venait
pas, fière de ses nobles aïeux, réclamer son royaume et ses richesses; elle venait, comme une simple femme, venger sa liberté ravie, son corps déchiré de verges, l'honneur de ses filles
indignement flétri »
Ce passage est important, nous pouvons y lire l’importance de l’Ancêtre, et la possibilité
claire qu’une femme peut régner et posséder des richesses, succéder à son mari, mais aussi être entendue comme « femme » avec ses revendications de femmes. Boudica veut se venger de
l’intrusion des Romains dans son royaume, de sa flagellation et du viol de ses deux filles. Cela implique que la communauté est capable d’entendre qu’une femme soit
blessée dans ce qu’elle a de plus intime et de plus légitime, son corps, sa sexualité et sa liberté. Le fait est d’importance et démontre la particularité de la position des femmes dans
ce type de société.
Dion Cassius, Histoire romaine, 62, 6-7
Quand elle
[Bouddica] eut fini de parler, elle procéda à une sorte de divination, laissant s'échapper un lièvre d'un pli de sa robe; et comme il courut dans une direction qu'ils considéraient comme de bon
augure, toute la multitude s'exclama de joie, et Bouddica, levant la main vers le ciel, dit : "je te remercie, Andrasta, et fait appel à toi, comme une femme parle à une femme. [suit un long
discours contre les Romains]. Mais pour nous, Maîtresse, puisses-tu être notre seule conductrice".[...] Tout cela, ils le firent en accompagnement de sacrifices, de banquets et de comportements
impudiques, pas uniquement dans tous leurs autres lieux sacrés, mais particulièrement dans le bois d'Andate. C'était pour eux le nom de la
Victoire, et ils en faisaient l'objet d'une vénération exceptionnelle.
« Quand elle [Bouddica] eut fini de parler, elle procéda à une sorte
de divination, laissant s'échapper un lièvre d'un pli de sa robe; et comme il courut dans une direction qu'ils considéraient comme de bon augure, toute la multitude s'exclama de joie, et
Bouddica, levant la main vers le ciel, dit : "je te remercie, Andrasta, et fait appel à toi, comme une femme parle à une femme. [suit un long discours contre les
Romains]. »
Voici un exemple de la réelle intervention des femmes dans le domaine du sacré. Bouddica
procède à une divination, elle-même, elle en dirige le geste et l’interprétation. Notons le signe « lièvre » qui est un des animaux attributs de Déesse
Celte
Notons aussi qu’elle s’adresse directement, elle-même, à la Déesse. Elle n’a pas besoin de
l’intervention d’un homme pour parler aux Dieux. Il serait donc envisageable que les femmes et les hommes pouvaient présider aux augures sans être eux ême Druide, à moins que Boudica ait été
Druide ? Nous savons que les Druides avaient la possibilité s’ils en faisaient le choix d’épouser les causes royales et de faire la guerre.
Andrasda est une Déesse de la guerre. Morrigane, qui est la Déesse de la mort, rode elle au
dessus des champs de bataille L’une encourage la fureur guerrière, l’autre ramasse les morts. Le nom de Boudica est aussi le nom d’une Déesse de la guerre, et son nom signifie « La
Victorieuse ». Nous avons trouvé des inscriptions à sa dévotion, comme à Bordeaux (Boudiga)
Les stèles à des Boudica historiques
http://www.arbre-celtique.com/encyclopedie/boudica-4570.htm
Des romans ...
De Pauline Dedge
"Les Seigneurs de la Lande"
Saga en plusieurs tomes
Manda Scott
"La Reine Celte"