Dimanche 17 mai 2009



En parfait écho à mon article New Age, Religion du livre, Opposés similaires, je ne résiste pas à vous recopier un extrait de Maslow / L’accomplissement de Soi / éditions Eyrolles p 89/62 / qui reflète parfaitement mon analyse. A la manière de Maslow, inégalable !

 

 

[…] la plupart des individus pensent de manière atomiste, en terme de « et – ou », noir blanc, tout ou rien, d’exclusion de l’un de par l’autre.[…]

Le meilleur moyen de semble t-il de mettre le lecteur en garde contre les dangers de la polarisation et de la pensée binaire est de convoquer l’histoire. J’observe dans l’histoire de nombreuses religions organisées la même tendance à développer deux fractions extrêmes : l’aile « mystique » et individuelle d’une part et de l’autre l’aile légaliste et dogmatique. L’individu profondément et authentiquement croyant intègre facilement et naturellement ces dimensions. Les formes, rituels, cérémonies et formules verbales dans lesquels il a été élevé restent pour lui enraciné dans l’expérience, porteurs de symboles, archétypaux, unifiés. Un tel individu pourra bien se prêter aux mêmes gestes et aux mêmes comportements que ses coreligionnaires plus nombreux, il n’en est jamais réduit à la seule dimension comportementale, contrairement à la plupart. La majorité des gens perdent et oublis l’expérience religieuse personnelle et redéfinissent la Religion comme un ensemble d’habitudes, de comportements, de dogmes, de formes qui a l’extrême, deviennent entièrement légalistes et bureaucratiques, conventionnels, vides et anti religieux, au sens le plus vrai du terme. L’expérience mystique, l’illumination, l’éveil, aussi bien que le prophète charismatique qui a tout commencé, sont oubliés, perdus ou transformés en leurs contraires. Alors la religion organisée, les églises, deviennent les principaux ennemis de l’expérience religieuse et de l’authentique expérience



[…]



Mais à l’autre bord, l’aile mystique (ou expérientielle) a aussi ses pièges […]

De même que le type le plus apollonien peut sombrer dans l’excès du « tout comportemental », de même le type mystique cour t-il le risque d’être réduit au « tout comportemental ». Tout à la joie et à l’émerveillement de ses extases et de ses expériences paroxysmiques, il peut avoir la tentation de les rechercher, ad hoc ; renonçant à tout autre critère de bien ou de mal, il y voit les bienfaits les plus élevés, sinon les seuls, de la vie. Obnubilé par ces merveilleuses expériences subjectives, le danger le guette de se détourner du monde et des autres sans sa quête de catalyseurs de l’expérience paroxysmique, de n’importe quel catalyseur. La plongée temporaire en soi –même, la quête intérieure sont remplacer par une démarche purement égoïste ; l’individu ne recherche plus rien que son salut personnel, essayant de rentrer « au paradis » même si les autres ne le peuvent pas, pour finalement peut-être même utiliser les autres comme des catalyseurs, des moyens d’atteindre son seul objectif d’états supérieurs de la conscience. On l’aura deviné, il ne devient pas seulement égoïste,  mais aussi malfaisant. Mon sentiment, de ce que m’a appris l’histoire du mysticisme, est que ce penchant peut parfois déboucher sur la méchanceté, la malveillance, la perte de toute compassion ou même à l’extrême, le sadisme.

Un autre traquenard sur le chemin des mystiques tout au long de l’histoire a été le danger de l’escalade des catalyseurs, si je puis m’exprimer ainsi. C'est-à-dire que les stimuli de plus en plus forts sont nécessaires pour produire la même réponse. Si le seul bienfait de la vie devient l’expérience paroxysmique et si tous les moyens vers cette fin deviennent bons, et s’il vaut mieux plus d’expériences paroxysmiques que moins, alors l’individu peut forcer le résultat, le provoquer, se démener, les traquer et se battre pour elles. C’est ainsi que les mystiques ont souvent franchi le pas de la magie, du secret et de l’ésotérisme, de l’exotisme, de l’occulte, du théâtral et de l’outrancier, du dangereux, du sectaire. Une saine ouverture au mystère, la reconnaissance réaliste et humble que nous ne savons pas grand-chose, l’acceptation modeste et pleine de gratitude de la grâce gratuite et de la chance toute nue- tout cela peut disparaitre et se fondre dans l’anti rationnel, l’anti scientifique, l’anti verbal, l’anti conceptuel. L’expérience paroxysmique sera alors exaltée, comme la meilleure ou même la seule voie vers la connaissance et des lors, toute tentative de validation de l’illumination sera vaine.

La possibilité que les voix intérieures, les révélations soient erronées, cette leçon de l’histoire qui devrait pourtant être dit haut et fort, est exclue et il n’y a pas moyen de déterminée si ces voix sont celles du bien ou du mal. La spontanéité (les impulsions de notre meilleur moi) est confondue avec l’impulsivité et la démonstrabilité (impulsions de notre moi malade) et comment alors les différencier ?

L’impatience (et en particulier celle, chronique de la jeunesse) dicte des raccourcis de toutes sortes. […]. La révélation devient « tout » et le travail de cheminement patient et discipliné est repoussé à plus tard ou dénigré. Au lieu de l’émerveillement, l’excitation est programmée, promise, annoncée, vendue, artificiellement provoquée, et on en vient à la considérer comme une vulgaire marchandise

 

 

Par Duir - Publié dans : Essais
Vendredi 15 mai 2009


On our Native Voices: The Heart of the Southwest expedition, a small group of people will come together and experience an adventure of a lifetime with America’s foremost guide Alan Osborne into the heart of the Southwest’s American Indian lands and its people. Visiting breathtaking sacred places and meeting with Navajo, Hopi and Pueblo teachers, artists and medicine people, the band of explorers will experience realities to uplift and enhance their personal lives upon their return home.


Native Voices: The Heart of the Southwest 2009

An Adventure of Exploration into the Sacred Indian Lands of the Magnificent Southwest
with Cultural Historian Alan Osborne
19-27 September 2009

Information -
www.greatmystery.org/events/southwest09.html
Par Duir - Publié dans : Agenda
Vendredi 15 mai 2009

Installation à Oslo d'un lieu réservé aux urnes funéraires des pratiquants de l'Asatru.

The religious fellowship that worship the old Norse gods, the Aasatrufellowship Bifrost, will soon have their own burialplace in Oslo. This has been approved by the authorities, according to Aftenposten.

The new grave site will be shaped like the outline of a ship, and may only be used for cinerary urns, the newspaper writes.

According to their home page, the asatrufellowship Bifrost is a religious fellowship for modern asatru founded on norse custom, the pre-christian religious traditions. Since 1996 the Bifrost fellowship has been an officially recognised religion by Norwegian authorities.

It goes on to say that "Our goal is to gather those who want to worship the old norse gods and keep the old traditions alive. We want to create a living forum for everybody interested in asatru and to increase the understanding of art, culture and traditions with roots in the pre-christian time. We want to take care of the heathen cultural heritage and keep it alive and updated through practice based in the study of sources and innovation in the heathen understanding of history, myths and the forces."


Photo et Source:

http://www.norwaypost.no/content/view/22013/1/


Par Duir - Publié dans : Regards
Samedi 9 mai 2009
Par Duir - Publié dans : Essais
Vendredi 8 mai 2009
Par Duir - Publié dans : Art Sacré
Mercredi 6 mai 2009


IMPACT DE L'HISTOIRE COLLECTIVE SUR LA PSYCHOLOGIE INDIVIDUELLE

Françoise Sironi est maître de conférences en psychologie clinique et pathologique à l'université Paris-VIII et enseigne la psychologie géopolitique à l'Institut d'études politiques de Paris. Elle a publié Bourreaux et Victimes. Psychologie de la torture.

Extrait du livre :

Les événements traumatiques que traversent les groupes, les civilisations et les cultures, façonnent leur histoire. Ces événements modèlent également les types de désordres psychiques qui apparaissent dans la population générale. Les conflictualités du monde contemporain se sont complexifiées et diversifiées depuis la fin de la guerre froide et la chute du mur de Berlin. Dans le champ de la psychopathologie traumatique, nous sommes aujourd'hui confrontés à des patients ayant connu des guerres de basse intensité, des attaques terroristes, des conflits ethniques, des tortures, des génocides, des déplacements de population et des exils forcés. Cela nous amène à considérer avec sérieux la place qu'occupe l'histoire collective (politique, culturelle, ethnique, religieuse, sociale) dans la psychologie individuelle.

Articulation entre histoire collective et histoire singulière

L'articulation entre histoire collective et histoire singulière constitue le terreau de la fabrication et de l'instrumentalisation de ce que nous appellerons les émotions politiques. Que signifie «articulation» entre histoire singulière et histoire collective ? Georges Devereux considère la question du rapport entre deux champs ou deux disciplines, et ce à partir du référentiel psychosomatique. Nous l'envisagerons à partir du référentiel psychopolitique. Dans un article intitulé «Dedans et dehors. La nature du stress», Georges Devereux écrit : «Le lieu véritable qu'il lui sied d'étudier [à l'écologie médicale] est pré­cisément cette courbe, qui "sépare" en théorie, mais "unifie" en pratique, l'homme et son milieu. C'est le "Je" - ce sont les événements et les processus dont le lieu géométrique est (et crée) cette ligne de démarcation imaginaire - qui concerne le psychosomaticien. Ce qui se passe entièrement du côté intérieur de la ligne peut être étudié par le médecin... ce qui se passe de l'autre - extérieur - par le sociologue... La différence principale entre "l'externaliste" et "l'internaliste" est que le premier dit que les phénomènes d'interaction se produisent sur cette courbe, alors que le second dit que ce sont les phénomènes d'interaction perçus qui créent - et qui sont - cette courbe.»

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En quoi ce livre est-il exceptionnel ? Dans son approche de la psychologie géopolitique, l'auteur touche à l'essentiel de notre devenir, en sachant le comprendre dans sa reliance et dans son héritage du passé.
Judicieuse et fine analyse à notre époque boulversée. Elle nous fait toucher la réalité des forces inconscientes communautaires, l'impact des choix politiques et leurs conséquences sur la psyché uindividuelle, la répercution sur les sociétés à venir. Elle explique de façon claire, les conséquences de nos mouvances, de nos errances. Le besoin, humain d'appartenance et le drame des déculturations.
[...] la deculturation, "voie royale" vers la violence : organisée (politique, sociale, économique) ou domestique.[...]

Cet ouvrage n'interresse pas que les "psychos", il devrait faire partie des programmes obligatoires de tout responsables politiques et religieux.

Par Duir - Publié dans : Regards
Mercredi 6 mai 2009
Par Duir - Publié dans : Agenda
Dimanche 3 mai 2009

L'apogée d’une saison n'est pas son début, à ce titre le solstice d’été n'est pas le début d’un été mais son centre. Le début se trouve par conséquent bien avant et les cultures primitives, le situent, en ce qui concerne les traditions européennes au  1er mai. Avant d'être la fête du travail ou du muguet, le 1er mai était une célébration grandiose, de l’entrée dans l'été, fête de joie, de fleurs, d'activité que nos ancêtres nommaient Beltaine

(Fête au soleil, multiculturelle, photo DUIR 2009)


Par Duir - Publié dans : Duir
Dimanche 26 avril 2009

L’époque moderne, contenu dans l’espace temps depuis les années 60 draine avec elle non pas une nouvelle conception de la spiritualité, mais deux mouvances très claires.

Nous avons d’un coté, contrairement à toutes les prévisions qui avaient pu être faites, un regain des croyances dures, extrêmes voire intégristes des religions du livre. Nous pouvons constater sur les 30 dernières années une évolution (sic) très nette d’au moins deux de ces religions.

Nous ne pouvons pas considérer cela comme un retour aux sources traditionnelles dans la mesure où aucune de ces pratiques ne semblent avoir de lien avec leurs pratiques originelles. Il s’agit plutôt d’un regain de contrainte, un besoin de cadre strict et intransigeant. A la lumière de l’histoire il s’agit d’un regain de l’approche la plus dogmatique apparue à travers le temps et l’évolution quasi sectaire de leurs pratiques.

Cette réaction est cependant d’une cohérence absolue face à la peur inconsciente et légitime éprouvée par la psyché humaine devant la déferlante des cultures individualistes, qui depuis les années 60 ont développé un individualisme forcené (mondialisation), proche d’un intégrisme individuel. Le « Je » tout puissant.

C’est une loi de la nature que de développer face à l’extrême des énergies opposées et contradictoires. C’est une sorte d’auto régularisation de la masse.

Les grands mouvements hippies des années 60 ne purent voir le jour qu’en réaction aux extrêmes puritains et sectaires de leurs prédécesseurs. La guerre du Viet Nam, la course consumériste, les manipulations mentales et morales ont donné jour à cette rébellion par la douceur. Il s’agissait de se libérer du carcan emprisonnant les âmes.

De fait, à l’extrême, l’évolution (sic) vers  le New Age représente l’autre versant de notre paysage contemporain. Ce new âge quel est-il ?

Il est pour une fois parfaitement bien amené sur les pages de Wikipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/New_Age dans sa description parfaite d’une approche individuelle, où chacun fait « sa pratique ». Cet extrême peut laisser dubitatif, dans l’utilisation anachronique du mot tradition. Là où le mot tradition englobe une filiation dans le temps et la communauté, le New Age signifie tout simplement pratique personnelle.

Il suffit de parcourir les blogs et autres sites du genre pour s’apercevoir de ce foisonnement hétéroclite (éclectique) de pratiques personnelles. Le néo paganisme est parfaitement inscrit dans cette mouvance new âge avec la simple particularité d’inclure dans ses références les signes européens des anciennes croyances, tout en gardant ceux hérités des premiers pionniers de ces mouvements (Indouisme, Bouddhisme, Taôisme etc.).

Jamais nous ne fûmes tant éloignés des pratiques traditionnelles pre-chrétiennes, en ce sens qu’il est nécessaire pour retrouver l’essence même de ces vieilles croyances, qu’elles soient incluse au sein d’une communauté, dans un cadre structuré, qui s’il est très différent des églises du livre est cependant parfaitement défini.

Il n’est pas de Chamane qui ne soit dans une communauté, ni de Prêtre(sse) qui ne soit le représentant sacerdotal de sa culture. Le Sorcier(e) se trouve à l’étape intermédiaire entre les sociétés primitives et le rejet de leurs représentants de nos sociétés clivées.

 

L’époque ne semble plus tenir compte du besoin psychique humain, de se sentir un et unique au sein d’un ensemble. En quelque sorte nous aurions oublié que l’homme ressemble au loup éprouvant un besoin vital de se sentir appartenir à une meute, d’y avoir « sa » place. N’avons-nous pas refoulé, rejeté, occulté volontairement cette réalité ?

Le sens communautaire, la réalité tribale perdus nous laisse vaquer tels des électrons fous et non pas libres.

Les pratiques les plus anciennes avaient parfaitement compris cela. La psyché égarée, voire angoissée se projette à l’extrême et recherche les cadres les plus durs, les plus aptes à contrebalancer le flou générateur d’anxiété. Ou bien, trop brimée, engoncée, elle dérive et se laisse glisser vers un souffle ballotté.  L’histoire religieuse en est la preuve constante.

 

Le mot  pour l’un désigne le dogme auquel chacun adhère sans en comprendre le sens, quand pour l’autre il prend un sens personnel rendant impossible toute communication, tout échange, le sens étant perdu pour l’ensemble. Deux pôles extrêmes qui aboutissent tous deux à une même réalité, la négation de l’être.

 

Tel le vol de l’aigle, planant haut dans les cieux, nous pourrions regarder la masse humaine se débattre dans ses égarements et conclure. Nous sommes loin des renaissances et des nouvelles ères. Nous sommes encore et toujours entrainés par des contrebalanciers contradictoires, cherchant désespérément ce troisième état, un peu l’un un peu l’autre, dansant sur le fil de la vie, ce troisième état, qui s’il n’est ni bien ni mal, permettrait à chacun de se sentir vivant auprès des siens, de la tribu des humains.


(photo extraite du site http://fr.wikipedia.org/wiki/New_Age ) 

Par Duir - Publié dans : Essais
Mardi 21 avril 2009



The Pomegranate, le journal des Etudes Païennes


The Pomegranate is the first International, peer-reviewed journal of Pagan studies. It provides a forum for papers, essays and symposia on both ancient and contemporary Pagan religious practices. The Pomegranate also publishes timely reviews of scholarly books in this growing field. The editors seek both new interpretations and re-examinations of those traditions marked both by an emphasis on nature as a source of sacred value (e.g., Wicca, modern Goddess religions) as well as those emphasizing continuity with a polytheistic past (e.g., Ásátru and other forms of 'reconstructionist' Paganism). The editors also seek papers on the interplay between Pagan religious traditions, popular culture, literature, psychology and the arts.

Issues 1-18 of The Pomegranate are available on CD-ROM. For further information on back issues and to order, visit POM CD

Indexing and Abstracting
Religious & Theological Abstracts
ISI Web of Knowledge
EBSCO's Academic Search Premier & Religion and Philosophy Collection

Publication and Frequency: May and November

Pomegranate 10.2

"The Love which Dare not Speak its Name: An Examination of Pagan Symbolism and Morality in Fin de siècle Decadent Fiction"
Kelly Anne Reid

 "Landscape Archaeology, Paganism, and the Interpretation of Megaliths"
Jessica Beck and Stephen Chrisomalis

 "The Goddess and the Virgin: Materiality in Western Europe"
Amy Whitehead

 "The Prevailing Circumstances: The Pagan Philosophers of Athens in a Time of Stress"
Emilie F. Kutash

"Polycentric Polytheism and the Philosophy of Religion"
Edward P. Butler

"Re-crafting the Past: The Complex Relationship between Myth and Ritual in the Contemporary Pagan Reshaping of Eleusis"
Maria Beatrice Bittarello

"Expanding Religious Studies: The Obsolences of the Sacred/Secular Framework for Pagan, Earthen, and Indigenous Religion, Part 2: Re- thinking the Concept of ‘Religion’ and ‘Maturi’ as a New Scheme"
Mikirou Zitukawa and Michael York

Par Duir - Publié dans : Regards

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